PROGRAMMATION 2022 au Théâtre Les Salons, Genève

Du 18 au 20 novembre 

18 novembre 2022 à 20h

TOUTES LES NUITS

Dulces Exuviae

Romain Bockler – baryton
Bor Zuljan – luth

In nocte consilium – la nuit porte conseil : les poètes y trouvent le temps de lapaisement, les astronomes le moment tant attendu pour observer étoiles et planètes et quant aux mystiques, ils ont cherché des nuits entières les voies énigmatiques de la présence divine. Ce programme construit comme un parcours depuis le crépuscule jusquà laube nous guide à travers les différentes nuits qui nous sont contées par les compositeurs du 16ème siècle : de lespoir à labsence, de la douceur du songe amoureux à la froideur de la nuit éternelle, sans oublier la clarté de la lune guidant les amants vers leurs retrouvailles, litinéraire sachève à la lueur des premiers rayons du soleil. Janequin, Lassus, Palestrina, Guerrero, et leurs collègues franco-flamands, italiens et espagnols nous invitent à explorer ces nuits tantôt ténébreuses et épouvantables, tantôt étoilées, tranquilles et amoureuses.

Crépuscule
Prima hora della notte – Filippo Azzaiolo
O dolce nocte – Philippe Verdelot
Fantaisie III – Jean-Paul Paladin
Tu dormi, io veglio – B. Tromboncino

Solitude et obscurité
Si la Noche haze escura – Francisco Guerrero
Estas noches a tan largas – Anonyme
Si la Noche haze escura – Diego Pisador
La nocte quando – Anonyme

Songe
Toutes les nuitz – Orlando di Lasso
Toutes les nuits – Clément Janequin
Toutes les nuyctz – Thomas Crecquillon

 

Clarté de la Lune
Ay Luna que reluzes – Anonyme
Deh hor fossio – G.P. da Palestrina
Fantaisie II – Jean-Paul Paladin
Si pour amans – Thomas Crecquillon

Aube
La nuyct froide et sombre – Orlando di Lasso
Voiez le jour – Pierre de Manchicourt
Al alba venid – Anonyme
Bonjour mon coeur – Orlando di Lasso

19 novembre 2022, 10h-12h et 14h-16h

Masterclass publique et gratuite

Eduardo Egüez

Prosodie – Le rythme et l’intonation du langage
La racine de pratiquement toute la musique écrite pour le luth est vocale, de sorte que la relation entre le langage verbal parlé et le langage musical est étroitement lié. Même lorsqu’il s’agit de danses, l’écriture est de préférence polyphonique. Le cours sera consacré à l’étude de la relation entre « notes » et « syllabes », au traitement de l’agogique dans le langage parlé et au traitement de l’agogique dans le langage musical (accélérations, décélérations…). Pendant le cours, des textes littéraires seront assignés à des phrases instrumentales dans le but d’atteindre une prosodie musicale satisfaisante et convaincante.

6 étudiantes et étudiants seront sélectionnés pour participer à cette masterclass.
Merci d’envoyer votre candidature avant le 10 novembre à l’adresse administration@acma.ch 

 

 

9:30 – 10:20 Emiliano Quaranta
10:20 – 11:10 Alonzo Cárdenas
11:10 – 12:00 Eric Meier et Coline Barbaray
12:00 – 12:50 Vincent Miche

12:50 – 13:40 pause

13:40 – 14:30 Victor Castillo Luna
14:30 – 15:20 Yuli Bayeul
15:20 – 16:10 Max Fletcher
16:10 – 17:00 Jan Kiernicky

Prosody – The rhythm and intonation of language
The background of practically all music written for lute is vocal, so that the relationship between spoken verbal language and musical language is closely related. Even when it comes to dances, the writing is preferably polyphonic. The class is devoted to the study of the relationship between “notes” and “syllables,” the handling of the agogic in spoken language and the handling of the agogic in musical language (accelerations, decelerations…). During the class, literary texts will be assigned to instrumental phrases with the aim of achieving a satisfactory and convincing musical prosody.

6 students will be selected to participate in this masterclass.
Please send your application before November 10 to administration@acma.ch

19 novembre 2022 à 20h

FARANGI

Claire Antonini, théorbe
Renaud Garcia-Fons, contrebasse

Claire Antonini et Renaud Garcia-Fons, deux musiciens atypiques, ont créé ce duo il y a déjà plusieurs années.

Celui-ci s’est enrichi au fil du temps, chacun y apportant les résonances de son parcours et de sa passion pour la musique ancienne, le jazz et les musiques d’orient au sens large. Il en résulte une vision innovante de la rencontre des musiques d’Orient et d’Occident.

Leur répertoire, essentiellement constitué de compositions originales, propose 19 courtes pièces qui telles des miniatures racontent cet itinéraire imaginaire, à la croisée de ces différentes cultures. Ici, la contrebasse se fait ney, le théorbe se fait setar, les deux instruments font entendre leur voix, la riche combinaison de leurs timbres et de leurs modes de jeux dans des orchestrations toujours renouvelées.

 

Sylvains d’Orient
Protecteurs des forêts, ils courent, invisibles aux yeux…
Reng-é shotor   
La danse du chameau, inspirée d’un rythme traditionnel kurde.
Chaconne  
Danse d’après la pièce pour luth de Ennemond Gaultier dit Vieux Gauthier.
Tavalod   
Heureux anniversaire dans le scintillement de milliers d’étoiles…
Nove alla turca  
Fantaisie baroque sur un rythme traditionnel turc à neuf temps.
Pavane du levant   
Danse lente et majestueuse.
À chaque instant   
Sur le mode  persan mahoor, pièce inspirée du poème Ce que Tu es de Malek Jân Ne’mati.
Comme un derviche amoureux
« Jour et nuit, prends place dans le cercle des amoureux ». Jalal al-din Rumi.
Ricercare 
Prélude méditatif et nostalgique.
Le sommeil de Majnûn  
« Je promène mes yeux vers le ciel, dans l’espoir que ses yeux croiseront mon regard ».
Le fou de Laylâ Majnûn.

 

Capona   
Développement swing autour de la pièce de J.H. Kapsberger.
Ballo cavalino  
Pas de danse venu de l’Italie baroque. Le pas du petit cheval mais dans le beau temps…
 Dirouz
Taqsim (prélude) pour contrebasse jouée en pizz di arco, à la manière d’un plectre.
Légende persane
Mélodie inspirée d’un gushé iranien dans le mode dashti.
 Tchahar mezrab   
Le battement du mezrab (plectre). Comme une chevauchée entre ciel et terre…
 Toledo del Greco  
Prélude pour théorbe. Tolède avec les yeux du Greco .
 Sfesseina  
Danse joyeuse sur une basse obstinée d’après J. H. Kapsberger.
Sahneh mountains
Quand la contrebasse devient ney (flûte en roseau).
Tocsin de Palmyre    
Sur les pas de la voie antique des caravanes…

20 novembre 2022 à 11h

Sangam Confluences
Lilanoor Ensemble

Harmonie Deschamps : soprano, percussions, directrice artistique
Élodie Poirier: nickelharpa, dilruba, percussions
Carles Dorador Jové : théorbe, oud, percussions
Bhanu Sharma : voix, sarod, percussions
 

Dans Sangam Confluences, l’ensemble Lilanoor s’élance sur les traces des compositeurs du 17e siècle et de leurs orchestres partis à la découverte de l’Orient, aventures relatées dans de rares lettres ayant subsisté. Le thème du voyage est au cœur de ce programme, où madrigaux et airs italiens et anglais rencontrent chants classiques et folkloriques indiens, arabes, celtiques mais aussi leurs propres compositions. Les artistes accordent une place importante à l’improvisation, inhérente aux musiques indiennes et orientales et aux musiques traditionnelles. Il est aussi question de rencontre et même de réunion, notamment entre le théorbe et ses cousins orientaux, le Sarod et le Oud. Ils mêlent leurs sonorités suaves aux couleurs plus nordiques de la Nyckelharpa (vielle suédoise) et de son lointain cousin indien, le Dilruba.

 

« Ohimé, ch’io cado », Quarto scherzo delle ariose vaghezze, Claudio Monteverdi
La Mantovana, John Playford
Samai Kar Kurd La
Raag Jaunpuri « Baje Jhanana »
Si dolce è’l tormento, Claudio Monteverdi

Avadhoota, Yugan Yogi, Kabir
Lamento della Ninfa, Claudio Monteverdi
Lama Bada Yatathana

 

 

Manskugga, Elodie Poirier
A Prince of Glorious Race descended, Henry Purcell
Chaap Tilak, chant Qawwalî
Raag Shahana
Up in the morning early, Trad. écossais
Nobody’s Jig, John Playford

20 novembre 2022 à 17h

Bright and Early
Hopkinson Smith

Musique italienne et française pour luth depuis le début du 16e siècle.
 

Les livres de luth de Francesco Spinacino (1507) et de Zoan Ambrosio Dalza (1508) sont des jalons dans l’histoire de la musique. Sortis des presses de Petrucci à Venise, ils contiennent non seulement la première musique pour luth imprimée mais aussi, à l’exception de quelques fragments de tablatures, les toutes premières sources de musique pour cet instrument qui nous soient parvenues. Tous deux témoignent d’un véritable épanouissement de la culture du luth en Italie à l’aube du XVIe siècle.

Mais les tablatures de Spinacino sont pleines d’erreurs. Il y a des passages d’une grande cohérence où l’on peut clairement sentir les éléments d’un génie charismatique et puis il y a des séquences plus étonnantes, des mesures manquantes et des bouts perdus qui demandent à être reconnectés. Les aspects narratifs de son Ricercare semblent évoquer des récits de soldats et de marins dans des pays lointains où les douleurs de l’amour et de la perte à travers un style d’improvisation issu de la pratique polyphonique de la fin du XVe siècle. Le défi pour l’interprète consiste ici avant tout à reconstruire un texte cohérent où les lacunes sont comblées et où les idées disparates sont clarifiées.

 

JOAN AMBROSIO DALZA (?-1508)
Intabulatura de Lauto, Libro Quatro (1508)
Pavana ala venetiana
Calata ala spagnola ditto terzetti

FRANCESCO SPINACINO (?-1507)
Intabulatura de Lauto, Libro Primo (1507)
Recercare XV
Recercare XXIII
Recercare XII

JOAN AMBROSIO DALZA
Intabulatura de Lauto, Libro Quatro (1508)
Caldibi castelgliano
Caldibi saltarello (reconstitution)
Poi che volse la mia stella

FRANCISCUS BOSSINENSIS
(actif 1509-1511)
Libro de Frottole (1509)
Io non compro più speranza

FRANCESCO SPINACINO
Intabulatura de Lauto, Libro Primo
Recercare XXV
JOAN AMBROSIO DALZA
Intabulatura de Lauto, Libro Quatro
Piva ala venetiana

Extraits des éditions de
PIERRE ATTAINGNANT, éditeur
(v. 1494-1552)

CLAUDIN DE SERMISY
(v. 1490-1562)
Tant que vivray

ANONYME
Sauterelle
Bransle de Poictou
Destre Amoureux
Bransle Gay Cest mon Ami

FRANCESCO SPINACINO
Intabulatura de Lauto, Libro Primo
Recercare IV
Recercare IX

JOAN AMBROSIO DALZA
Intabulatura de Lauto, Libro Quatro
Piva ala ferrarese

Événements déjà passés cette année…

20 mai 2022 à 20h00

Récital de Rolf Lislevand, La Mascarade

Rolf Lislevand revient à Genève pour un récital exceptionnel au Théâtre Les Salons dans le cadre du Festival Le Luth en-chanté, organisé par l’association des Concerts de Musique Ancienne de Genève.

Dans ce merveilleux programme solo, l’interprète norvégien de musique ancienne Rolf Lislevand s’intéresse à la musique de deux compositeurs de la cour de Louis XIV, Robert de Visée (vers 1655-1732) et Francesco Corbetta (vers 1615-1681), né en Italie, et interprète leurs chefs-d’œuvre avec une conscience historique et une inventivité qui appartient à la tradition. De Visée a écrit qu’il fallait jouer ce que les instruments eux-mêmes exigeaient, conseil que Lislevand prend à cœur, ajoutant des introductions improvisées aux passacailles des deux compositeurs. Il utilise ici deux instruments contrastés, la petite guitare baroque aux sonorités étincelantes et cristallines et le théorbe, le roi des luths aux tons plus chaleureux et profonds.

Né en 1961 à Oslo, Rolf Lislevand étudie la guitare classique à l’Académie de Musique de l’Etat de Norvège. Durant ses études, il se produit régulièrement dans de nombreux studios, clubs et groupes avec sa guitare électrique, ce qui lui apporte une expérience précieuse de l’improvisation qui marquera profondément son toucher dans son langage musical et son approche de la musique ancienne. Il entre ensuite à la Schola Cantorum Basiliensis où il poursuit ses études auprès d’Hopkinson Smith et d’Eugène Dombois avant d’être invité par Jordi Savall à l’accompagner au sein de ses diverses formations: Hespèrion XX, La Capella Reial de Catalunya et Le Concert des Nations.Il acquiert une parfaite connaissance de la musique française pour viole de gambe du XVllème siècle avec le chef espagnol, et Montserrat Figueras lui fera pour sa part découvrir la musique vocale espagnole des XVIème et XVllème siècles. Il s’établit à Vérone (Italie), où il essaie de reconstituer une manière authentique de jouer la musique italienne de la première moitié du seicento. Il est nommé professeur la même année à la Staatliche Hochschule für Musik à Trossingen en  Allemagne et quitte son poste au CNR de Toulouse.

Conjointement au travail de son ensemble, il réalise sa vision du répertoire soliste du luth et guitare avec des disques consacrés à la musique de J.S.Bach, Gaspar Sanz et l’école française des luthistes du 17ieme siècle et s’impose comme un des luthistes de référence de notre époque, reconnu par une critique unanime et de nombreux prix discographiques : Diapason d’Or de l’année, 10 de répertoire, Choc du Monde de la Musique, Grammophone’s critic’s choice, Spelemannsprisen.

 

 

 

 

 

 

21 mai 2022 de 11h00 à 13h00

Trois mini-concerts dédiés aux étudiants des hautes écoles de musique de Genève, Bâle et Zurich.

Dans le cadre de la 12ème édition du Festival, l’Association des Concerts de Musique Ancienne de Genève a proposé aux étudiantes et étudiants en luth et théorbes de la Schola Cantorum de Bâle, de la Haute École de de Musique de Genève et de la Haute École d’art de Zurich, de roder une partie de leur programme de fin d’études, de bachelor ou de master.

Ainsi, l’Association souhaite accompagner ces artistes en leur proposant un cadre de concert professionnel pour y donner leur programme de récital et / ou de musique de chambre devant un public composé de mélomanes, de professionnels et de collègues afin de leur permettre un retour d’expérience constructif, en amont de leurs examens qui auront lieu quelques jours plus tard.

Afin de permettre au plus grand nombre de personnes d’assister et de soutenir chaleureusement ces artistes talentueux, cette matinée de mini-concerts sera en entrée libre.

 

 

21 mai 2022 à 20h00

John Dowland, The First Booke of Songes or Ayres (1597)

Mónica Pustilnik, luth

Bénédicte Tauran, soprano

Jérôme Vavasseur, alto

Michael Feyfar, ténor

Lisandro Abadie, basse

Unquiet thoughts

Who ever thinks or hopes of love for love

If my complaints could passions move

Can she excuse my wrongs with virtue’s cloak?

Now, o now I needs must part

Dear, if you change I’ll never choose again

Burst forth, my tears

Go, crystal tears

Rest awhile, you cruel cares

Sleep, wayward thoughts

All ye, whom Love or Fortune hath betrayed

Would my conceit

Come again! Sweet Love doth now invite

His golden locks

Awake, sweet love, thou art returned

Come, heavy sleep

…speaking harmony, joyned with the most musicall instrument the Lute…

La publication du First Booke of Songes or Ayres de John Dowland en 1597 est un événement d’une importance unique dans l’histoire de la musique. Le livre n’a pas de précédent connu en Angleterre, ni en langue anglaise, et son énorme succès lui déparera cinq réimpressions du vivant du compositeur, parallèlement à la parution de ses publications suivantes, et même au-delà de celles-ci. Ce premier livre dévoile les fruits d’une créativité et d’une curiosité poétique et musicale singulières, ainsi que l’expérience récoltée au fil des nombreux voyages de Dowland en Europe continentale, dans une grande richesse de références. Ainsi, ‘Can she excuse‘ contient une ancienne mélodie qui date de l’aube de la période Tudor, ‘Will Yow Walke the Woods soe Wylde‘, que le roi Henry VIII affectionnait. À son tour, ‘Would my conceit‘ est une transcription du madrigal ‘Ahi dispietata sorte‘, composé par Luca Marenzio sur un poème de Petrarca, le poète emblématique qui inspira des centaines de madrigaux, et qui réapparaît subliminalement dans la deuxième strophe de ‘Go, crystal tears’, une paraphrase de son sonnet ‘Ite, caldi sospiri‘. Très peu de auteurs des textes ont été identifiés, tel Fulke Greville (‘Who ever thinks or hopes of love for love‘) ou peut-être Henry Lea (‘His golden locks‘), mais la voix de Dowland imprime une unité remarquable à cet univers de poètes oubliés ou anonymes dont ses compositions ont préservé les œuvres.

…words the ornament of harmony…

22 mai 2022

Pasiones de España, Siglo de Oro

Mariana Flores, soprano

Mónica Pustilnik, luth

Le programme se situe dans ce que l’on appelle le siècle d’Or Espagnol, une période de grande splendeur artistique et littéraire en Espagne, qui a duré plus d’un siècle. On démarque cette période entre l’année 1492 et la fin du XVIIe siècle.

Villancicos, chansons et fantasías constituent la première partie du programme, où la voix de Mariana Flores est accompagnée par une vihuela, ainsi que dans des versions solistiques pour vihuela. Des compositeurs emblématiques du XVIe siècle tels que Luys de Narváez, Alonso Mudarra et Luys Milán nous offrent des pièces instrumentales ainsi que des versions mises en tablature de chansons de Josquin ou d’Arcadelt avec son célèbre « Il bianco e dolce cigno ».

Dès le XVIIe siècle, les « tons humains » constituent le genre emblématique de la musique profane, sous la forme d’un chant strophique. La deuxième partie du programme est dédiée aux tonos humanos de José Marín (1619-1699) qui figurent parmi les plus belles pages de musique vocale profane du XVIIe siècle espagnol. Chanteur et compositeur espagnol, Marín est l’un des personnages les plus étonnants, fascinants et ambigus parmi les artistes espagnols du XVIIe siècle. D’une longévité étonnante, ordonné à Rome en 1644, il entra à la chapelle du Monastère de La Encarnación de Madrid en tant que ténor. Accusé de vol en 1654 et d’assassinat en 1656, il fut arrêté, torturé, sécularisé et emprisonné. La cour de Madrid (véritable « cour des miracles » sous les Habsbourg) était habituée à ce type de frasques et n’en a pas tenu rigueur à ce chanteur exceptionnel. Elle l’accueillit plus tard « repenti » après quelques années d’exil et un pèlerinage. Il mena jusqu’à sa mort le 8 mars 1699 une vie exemplaire. Difficile d’imaginer l’épopée flamboyante et romanesque de ce compositeur tant la sérénité de ses chansons ou tonos sont d’une richesse mélodique étonnante, et l’accompagnement de guitare d’une variété rythmique remarquable.